Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La Ruche de Lugaxelm

La Ruche de Lugaxelm

Apiculteur en ruche Warré. www.facebook.com/laruche.delugaxem www.facebook.com/labeille.marcquoise


La Touraine confrontée à l'hécatombe des abeilles

Publié par Lugaxelm sur 29 Mars 2015, 10:38am

Catégories : #Défense des Abeilles, #Articles de Presse

La mortalité des abeilles gagne du terrain jusqu’en Touraine. A Luynes, Patrick Goujon a perdu la moitié de son cheptel. Il témoigne et s’insurge.

 

Rien ne va plus pour l'apiculture en Touraine. Après trois années de récoltes déficitaires dues notamment à une météo défavorable, les stocks de miel sont au plus bas. Les producteurs locaux redoutent de perdre des marchés face à la concurrence extérieure. Et voilà que les abeilles commencent à tomber comme des mouches dans la campagne tourangelle…

Ces derniers mois, Patrick Goujon – un apiculteur installé à Luynes – a vu son cheptel réduit de moitié. Entre le mois de novembre et le 10 mars, 35 de ses 70 ruches ont été entièrement décimées. Une véritable hécatombe que ce professionnel a du mal à s'expliquer. « Les ruches étaient entièrement vides. Il n'y avait pas une seule abeille dedans, même mortes. Je n'avais jamais vu ça », indique Patrick Goujon.
Aujourd'hui, l'apiculteur s'interroge. Ses abeilles ont-elles été victimes du Varroa, cet acarien parasite de plus en plus résistant aux traitements ? Ou bien ont-elles succombé sous les effets croisés des pesticides agricoles ? « On n'a pas d'explications. C'est sans doute la conjonction de tous ces facteurs » suppute-t-il.
Une chose est sûre : le cas de l'apiculteur de Luynes n'est pas isolé. Récemment, la profession évoquait un taux de mortalité variant de 30 à 60 % dans le sud de la France. « En Touraine, on nous a signalé au moins trois ou quatre situations préoccupantes », indique Philippe Laubigeau, le président du syndicat des Amis des abeilles. Selon ce dernier, l'hécatombe a été d'autant plus grande cette année que les abeilles ont été affaiblies par les mauvaises conditions climatiques de 2014 : « Elles n'avaient pas beaucoup de provisions pour passer l'hiver. »

" Sans abeille il n'y a plus de vie "

Pour sa part, Patrick Goujon a fait ses comptes. La mortalité qui a frappé ses ruches va lui coûter 6.000 €. Il lui faudra plusieurs mois pour reconstituer son cheptel et retrouver une production normale. Si tout va bien.
Au-delà de son cas particulier, l'apiculteur de Luynes veut témoigner des difficultés de la profession et d'un certain ras-le-bol. « En Touraine, nous sommes la deuxième filière agricole en nombre de producteurs et de cheptels, mais nous ne sommes pas entendus. Nous ne pesons pas grand-chose par rapport aux autres », s'insurge Patrick Goujon en déplorant que les déclarations d'intentions du gouvernement ne soient pas suivies d'effets. « La France est toujours championne d'Europe pour l'utilisation des pesticides et on continue de supprimer les haies autour des terres agricoles, se lamente-t-il. On oublie que sans abeilles, il n'y a plus de vie ! »

Pascal Denis

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents